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Aikido et les juniors

L’aikido… C’est quoi ?
L’aikido est t’il un sport ?
Que peut apporter l’aikido à mon enfant ?
Pourquoi utiliser des armes ?
À quel âge peut-on débuter la pratique de l’aikido ?
Combien de temps faut-il pratiquer ?
Combien coûte l’aikido ?
Quelles sont les formalités d’inscriptions ?
Quels sont les grades en aikido juniors ?
Comment se déroule une séance ?
Pourquoi les saluts, le japonais ?
Quels risques pour mon enfant ?
Pourquoi n’y a t’il pas de compétition ?

L’aikido… C’est quoi ?

Depuis plusieurs décénies, notre fédération accueille les enfants et adolescents de six à quatorze ans et leur propose une pratique alliant ludisme et rigueur, modernité et tradition, détente et discipline.

La pratique de l’aikido junior répond aux besoins spécifiques de chaque âge tant au point de vue psychomoteur que social. Les professeurs sont formés à cette particularité (psycho-pédagogie, animation et brevet Adeps).

L’aikido consiste en un ensemble de techniques de défense face à une attaque (saisie, frappe), d’une ou plusieurs personnes, armées ou non.

Les techniques sont des projections et des contrôles (immobilisations et clefs aux articulations). Les armes sont le sabre (bokken), le bâton (jo) et le poignard (tantô). Bien entendu, toutes ces armes sont en bois. Les techniques présentant un danger en raison de leur efficacité sont proscrites de la pratique des juniors.

L’accent de nos cours est plutôt placés sur la notion de souplesse du corps, de non-opposition et de maintien du contact afin de contrôler le partenaire.

L’aikido est t’il un sport ?

En aucun cas ! Bien qu’il s’agisse d’une pratique essentiellement physique, l’aikido est un art martial. Le sport offre comme but la réalisation d’une perfomance, l’art martial propose une recherche de soi, à la fois physique et mentale. Tandis que les sport promulgue la compétition envers un adversaire (version courtoise de l’ennemi), l’art martial favorise le travail avec un partenaire.

L’idée n’est pas d’être seul, meilleur que les autres, mais bien le contraire : être meilleur soi-même, avec l’aide des autres. Le sport ne peut se pratique à un haut niveau que pendant le laps de temps assez court qu’est la jeunesse physique. Tandis que l’art martial est le travail de toute une vie. L’état d’esprit est également différent grâce au respect du cérémonial, de la posture pendant les périodes d’écoute, etc.

La voie du sport et celle des arts martiaux sont toutes deux des voies intéressantes mais totalement incompatibles.

Que peut apporter l’aikido à mon enfant ?

Les enfants aiment les nouveaux apprentissages. Ils ont également besoin d’exercice physique pour un développement harmonieux du corps et de l’esprit.

Pratiquer l’aikido junior permet de renforcer :

  • Les capacités physiques en respectant les caractères physiologiques de chaque tranche d’âge. La souplesse, la coordination, l’endurance, la capacité cardio-vasculaire et la gestion de la respiration consciente s’en trouvent améliorées.

  • Les valeurs sociales. L’aikido se pratique sans concession d’âge, de sexe, de poids… Tous les pratiquants travaillent ensemble avec le même plaisir. Le respect volontaire d’une hiérarchie claire et l’évolution au sein de celle-ci enrichissent le sens social. De fréquents rappels au code d’honneur médiéval des samurai enracinent les valeurs modernes dans l’Histoire.

  • Les valeurs personnelles. Grâce au contact physique avec des adultes et d’autres enfants, la confiance en soi augmente. La codification rigoureuse des attaques diminue l’angoisse de la situation de conflit. La juste évalution de ses acquis aide l’enfant à se situer dans le groupe.

  • Les capacités cognitives. L’écoute des consignes et la formulation verbale des problèmes physiques rencontrés dans la technique aident l’enfant à renforcer la précision de son langage. La découverte de termes japonais, loin d’effrayer les jeunes, est pour eux un véritable plaisir. Les termes anatomiques sont également largement appréhendés lors des cours. La proprioception, la latéralité et le schéma corporel s’en trouvent renforcés.

Pourquoi utiliser des armes ?

Il existe, pour les juniors, nombre de manières d’appréhender une discipline telle que l’aïkido. Mais l’utilisation des armes apporte de grandes facilités aux professeurs durant la dispense de leur enseignement.

Le sabre, le bâton et le poignard (bokken, jo et tantô) de par leurs aspects ludiques, intéresse autant le junior que le travail à mains nues. L’alternance du travail à mains nues et l’utilisation des armes pour l’assimilation des techniques donne aux cours juniors une dimension supplémentaire d’intérêt et de facilité de concentration sur le travail donné.

Étant donné leur irréalité au niveau des juniors (quel enfant ou quel adolescent risque d’être attaqué à l’aide d’un sabre ou d’un couteau?), le travail des armes est donc essentiellement pédagogique.

De leur utilisation, les armes permettent l’introduction des notions fondamentales du travail de l’aikido telles que :

  • les attaques (shomen, yokomen, kesakiri, tsuki) ;

  • les positions et déplacements (notions de pas marché, de pas glissé, de irimi-henka-tenkan, de répartition du poids du corps et de centrage) ;

  • la respiration (association lever les armes / inspiration, descendre les armes / expiration) ;

  • l’introduction de la pratique du kiai ;

  • les notions de coupes au sabre que l’on retrouvera à main nue (tegatana) ;

  • les notions de distances de travail, de gardes, de position de sécurité par rapport à l’attaque d’un partenaire ;

  • l’importance de la concentration et de la vigilance nécéssaires à une sécurité optimale.

Également, la pratique des frappes répétées (tsuburi)   permet d’introduire une possibilité supplémentaire d’échauffement avant le cours proprement dit. De par sa constitution, le sabre doit être un élément hautement sécurisé quant à son utilisation par des juniors. Bien qu’en bois, bokken, jo et tantô restent des éléments dangereux d’utilisation en raison de la dureté de leurs composants.

L’attention portée tant à ses propres gestes qu’à ceux des personnes environnantes est extrêmement enrichissante en terme de capacité de concentration. Du point de vue physique, la pratique des améliore la santé du jeune pratiquant par le développement harmonieux de toutes les parties du corps, l’augmentation de la souplesse des articulations, la correction de la colonne vertébrale, le contrôle de la respiration, la relaxation et l’endurance.

Techniquement, l’étude des mouvements liés à leur utilisation impose l’étude du déséquilibre, la connaissance et l’utilisation de l’énergie et le développement des réflexes.

Moralement, elles contribuent à la coordination physique et mentale. Elles conditionnent la réalisation de chaque technique et provoquent en même temps que la transformation physique externe du corps une métamorphose interne d’ordre moral (prise de conscience sa responsabilité par rapport au danger que l’on représente).

À quel âge peut-on débuter la pratique de l’aikido ?

Notre fédération accueuillle les enfants âgés de six ans ou en première année primaire. Cependant, le professeur peut — sur sa SEULE appréciation — accepter des enfants plus jeunes.

À quatorze ans, le pratiquant DOIT suivre le cours adulte. Cette transition s’effectue en douceur en accord avec le pratiquant, ses parents et les professeurs du cours adulte. Généralement, vers douze ans, le jeune adolescent découvre l’aikido adulte (une fois par mois) et s’y engage progressivement.

Au-delà de quatorze ans, seul le pratiquant suivant régulièrement le cours adulte peut continuer à suivre le cours juniors, et joue alors le rôle d’ancien.

Combien de temps faut-il pratiquer ?

Les cours habituels se donnent en général deux fois par semaine à raison d’une heure de cours (le dernier quart d’heure étant consacré à des jeux en relation avec l’aikido).

Pratiquer au-delà de cet horaire n’est pas conseillé avant douze ans. En effet, les capacités de concentration se perdent et la praqtique pourrait devenir à la fois dangereuse et ennuyeuse pour le junior.

Combien coûte l’aikido ?

  • La licence-assurance fédérale annuelle est de 22 euros. Elle permet de pratiquer dans tous les dojo de la fédération sans frais d’assurance supplémentaires.

  • Les cotisations sont variable d'un club à l'autre, n'hésitez donc pas à prendre contact avec le responsable du club qui vous intéresse afin d'avoir les renseignements sur ceux-ci.

  • Le prix du keikogi et de la ceinture varie en fonction de la marque, de la taille et de l’épaisseur du tissu (en général, entre 25 et 50 €).

  • Le hakama (large pantalon) est assez onéreux (entre 30 et 200 €). Il n’est porté que par les juniors gradés, et ce également en fonction du club.

Quelles sont les formalités d’inscription ?

Pour inscrire votre enfant, vous devez :

  • Le présenter au professeur, qui est la seule personne à-même d’accepter un élève.

  • Présenter un certificat médical d’aptitude physique..

Quels sont les grades en aikido junior ?

Les grades, en aikido, sont le reflet d’une évolution technique et en aucun cas d’une aptitude combative ou autre… Obtenus suite à une démonstration technique favorable, les grades sont les suivants.

  • 6e kyu : ceinture blanche

  • 5e kyu : ceinture jaune

  • 4e kyu : ceinture orange

  • 3e kyu : ceinture verte (cette dernière ceinture, en fonction des divers dojo).

Les 6e, 5e et 4e kyu sont en général divisés en barettes sur la ceinture, afin de diminuer l’intervalle entre deux épreuves.

Comment se déroule une séance ?

Une scéance type d’aikido junior est généralement composée de :

  • cérémonial de début de cours ;

  • assouplissement et échauffement* ;

  • apprentissage aux ukemi (chutes) et déplacements ;

  • apprentissage des ki-hon (techniques fondamentales) ;

  • pratique plus intensive (travail rapide et répété) ;

  • psychomotricité et jeux adaptés à la pratique de l’aikido ;

  • éventuellement, maniement des armes en bois…

Pourquoi les saluts, le japonais ?…

L’aikido étant d’origine japonaise, sa pratique est empreinte de la célèbre courtoisie nippone. Il ne s’agit en aucun cas d’une pratique sectaire ou religieuse. Les saluts au portrait du fondateur sont le reflet de la gratitude que nous lui devont.

Les différents saluts debout ou à genoux sont une expression courrante de politesse. Au Japon, on ne se serre pas la main, on se salue. En aikido, cela signifie tour-à-tour « merci pour tes explications », ou « je t’invite à pratiquer avec moi » ou encore « merci d’avoir pratiqué avec moi ». Les termes japonais sont utilisés internationalement pour la pratique des arts martiaux par souci d’uniformité.

Quels riques pour mon enfant ?

Comme l’ensemble des pratiques physiques, celle de l’aikido nécessite l’acceptation d’un risque d’accident (le « risque zéro » n’existe jamais). Toutefois, il est important de préciser que les rares accidents (toujours bénins) sont dûs à la non-pratique de l’aikido. En effet, ces accidents exceptionnels arrivent rarement lors d’une technique d’aikido, mais plutôt en enfreignant les consignes, par distraction, ou par excès de zèle.

Soulignons une fois de plus l’absence de compétition en aikido, écartant par là-même les risques qu’elle comporte (liés à l’envie d’être meilleur que l’autre).

Pourquoi n’y a t’il pas de compétition ?

Sachez tout d’abord que la compétition est un phénomène nouveau dans les arts martiaux. À l’origine, il n’existait que le combat codifié qui ne connaissait ni gagnant ni perdant. Il servait à mesurer son niveau, à corriger ses faiblesses.

Les premières compétitions (judo et karate) eurent lieu dans les années soixante, au grand dam des anciens maîtres. De fait, la compétition transforme les arts martiaux en sports où seule la victoire sur l’autre compte.

De plus la compétition exige une codification, une simplification de la pratique ; alors qu’une véritable agression serait, par nature, sans règles. Le karate moderne, par exemple, a été dénaturé à cause de cet aspect sportif : les coups de coudes étant interdits en compétition (parce que trop dangereux), ils sont généralement délaissés aux cours. Les pratiquants se voient donc privés d’une technique trop… efficace !

L’enjeu majeur de l’aikido étant la non-opposition, celui-ci est donc définitivement incompatible avec la compétition qui est la forme sportive de l’opposition.

 

© AFA - F.Warlet 2009 - Dernière mise à jour : lundi 2 novembre 2009