

Tout a commencé à Hannut, en 2017, sur une intuition qui tenait en peu de mots et beaucoup de cœur : donner à notre pratique une résonance qui dépasse l’entraînement. Ce jour-là, l’aïkido s’est mis au service d’une cause qui nous touchait de près : CAP48. Derrière cet engagement, une histoire personnelle, celle de notre professeur, Eric, père d’un enfant en situation de handicap. Une raison profonde, intime, qui a donné à chaque minute un relief particulier.
Six heures. Six heures de passages, de reprises, d’efforts qui se répondent. Une salle portée par une énergie rare. Des visages concentrés, puis souriants malgré la fatigue. Des épaules lourdes, des jambes qui brûlent, et pourtant ce mouvement qui continue, parce que l’élan du groupe emporte le reste. À mesure que les heures défilaient, un sentiment s’est imposé : la force du collectif, lorsqu’elle se met au service d’une cause, transforme la sueur en fierté. Cette première édition a marqué nos esprits. Pas seulement pour l’affluence, ni pour l’intensité, mais pour cette évidence ressentie au plus profond : la pratique prenait tout son sens.
2018 a prolongé cet élan, avec une ambition assumée : sept heures, plus d’ouverture, des initiatives médiatiques, des passerelles tendues vers des clubs amis. Les tatamis ont accueilli moins de monde, mais la solidarité, elle, a grandi. Les dons ont plus que doublé. Une leçon silencieuse s’est alors glissée dans l’histoire : la valeur d’un geste ne se mesure pas à la foule, mais à l’intention partagée. CAP48, qui agit chaque jour pour améliorer la vie de personnes en situation de handicap en Belgique, a reçu bien davantage qu’un montant : un signe, un soutien concret, une présence.
Puis le temps a fait son travail. Les grands projets connaissent leurs saisons. Après l’élan, vient la respiration ; après l’embrasement, le besoin de reconstruire. Le club a poursuivi sa route, fidèle à ce qui le fait tenir : la régularité des entraînements, le respect du partenaire, les liens qui se tissent au fil des semaines. Une communauté discrète, mais solide, qui se renforce sans bruit. Dans cette constance, une promesse demeurait, tapie sous la routine : l’aventure reprendrait, lorsque l’heure sonnerait.
Cette heure a sonné en 2025.
Le retour de l’Aïkimarathon ne s’est pas écrit sous le signe de la performance, ni de la course aux chiffres. Cette fois, le moteur a changé : la joie pure d’être ensemble. Cinq heures accessibles, festives, ouvertes à tous, avec une envie simple et précieuse : partager. Partager la chaleur d’un dojo, la camaraderie des reprises, les rires qui éclatent entre deux séries, l’accueil des plus jeunes, la présence des anciens, la main tendue aux nouveaux. Sur le tatami, le groupe a retrouvé son souffle commun : celui qui naît quand chacun porte un bout du collectif. Retrouvez ici les images qui illustrent l’ambiance particulière de cette journée :
Ce moment n’a rien dû au hasard. Derrière une telle journée, une équipe existe, avec sa patience, sa logistique, son sens de l’accueil, sa générosité. Un petit club, certes, mais des valeurs à la taille de nos ambitions : cohésion, respect, exigence joyeuse. Sans la fidélité des pratiquants, sans l’implication de chacun, sans cette volonté de faire corps, le chapitre 2025 ne se serait pas écrit avec une telle évidence.
Désormais, l’Aïkimarathon ne poursuit plus un record. Il célèbre une aventure humaine. Une aventure qui ressemble à notre club : exigeante sans dureté, ambitieuse sans arrogance, solidaire sans discours. Une aventure qui rappelle, à qui veut l’entendre, que la force véritable tient souvent à des choses simples : un tatami, des partenaires, un effort partagé, et la joie de se retrouver.
Alors merci.
Merci pour 2017, l’étincelle et le sens.
Merci pour 2018, la preuve silencieuse que la solidarité grandit même dans la discrétion.
Merci pour 2025, le retour, le souffle, la joie retrouvée.
L’histoire continue. Ensemble.
À très vite sur le tatami,
Eric Feller
Pour le comité de l’Aïkido Club Satori Hannut